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Communiqué : étude épidémiologique de Santé publique France sur les Maladies du Neurone Moteur

Communiqué : étude épidémiologique de Santé publique France sur les Maladies du Neurone Moteur
18 mars 2026Communiqués FilSLAN

Santé Publique France vient de publier sa première étude épidémiologique sur les Maladies du Neurone Moteur. Santé Publique France a travaillé avec la Filière FILSLAN pour cette étude. Découvrez un résumé et des hypothèses d’interprétation proposées par le Pr Couratier sur ce rapport.

Ce rapport analyse la fréquence des maladies du motoneurone (MMN), dont la sclérose latérale amyotrophique (SLA) en France entre 2010 et 2021, ainsi que leur répartition géographique. L’objectif est d’estimer l’incidence, la mortalité et d’identifier d’éventuelles zones de sur-incidence.

Les chercheurs ont utilisé les données du Système national des données de santé (SNDS) pour identifier les nouveaux cas et les certificats de décès pour recenser les décès liés aux maladies du motoneurone. Les analyses portent sur l’ensemble de la population française (France hexagonale et DROM, sauf Mayotte). Les indicateurs étudiés sont l’incidence, la mortalité et leur distribution selon l’âge, le sexe et le territoire.

Entre 2010 et 2021, environ 26 981 nouveaux cas et 22 088 décès liés aux maladies du motoneurone ont été recensés, soit en moyenne 2 250 nouveaux cas et 1 840 décès par an. L’incidence moyenne est d’environ 3,39 cas pour 100 000 personnes-années et la mortalité 2,78 décès pour 100 000 personnes-années.

Le risque est plus élevé chez les hommes que chez les femmes et augmente fortement avec l’âge, avec un pic entre 70 et 79 ans. Les taux d’incidence et de mortalité sont restés globalement stables au cours de la période étudiée.

L’étude montre une répartition géographique hétérogène des cas en France. Certaines régions, comme la Bretagne, les Pays de la Loire ou l’Auvergne-Rhône-Alpes, présentent des taux d’incidence et de mortalité plus élevés que la moyenne nationale. À l’inverse, les taux sont plus faibles dans les territoires d’outre-mer.

Des analyses spatiales ont également identifié quelques zones locales de sur-incidence, suggérant l’influence possible de facteurs environnementaux, professionnels ou génétiques, même si aucune cause précise n’a pu être démontrée.

Le rapport fournit pour la première fois une analyse nationale détaillée et à échelle fine de la SLA et des autres maladies du motoneurone en France. Les résultats confirment la stabilité globale de la fréquence de la maladie, mais mettent en évidence des disparités territoriales. Ces données sont importantes pour orienter la recherche sur les facteurs de risque et améliorer l’organisation des soins pour les patients.

Retrouvez ci-après les hypothèses d’interprétation proposées par le Pr Couratier
Dans le rapport, plusieurs hypothèses peuvent expliquer l’apparition de “clusters” (agrégats géographiques de cas) de maladies du motoneurone comme la SLA.
Aucune cause unique n’est démontrée, mais plusieurs facteurs sont évoqués.
1. Facteurs environnementaux
Certaines expositions environnementales locales pourraient augmenter le risque dans une zone donnée.
Parmi les facteurs étudiés :
  • Pesticides (exposition agricole)
  • Métaux lourds, notamment le plomb
  • Pollution atmosphérique
  • Formaldéhyde ou autres substances chimiques
Ces expositions pourraient être plus fréquentes dans certaines régions, ce qui expliquerait une concentration de cas.
2. Facteurs professionnels
Certains métiers peuvent exposer davantage à des substances toxiques ou à des conditions de travail particulières, par exemple :
  • agriculture
  • industrie chimique
  • métiers avec exposition à solvants ou métaux
Ces expositions professionnelles pourraient contribuer à des clusters locaux.
3. Interaction gènes–environnement
Le rapport évoque l’hypothèse que la SLA résulterait d’une interaction entre la génétique et l’environnement :
  • prédisposition génétique
  • exposition à certains facteurs environnementaux
  • accumulation de ces facteurs au cours du temps
On parle parfois du modèle “gène–temps–environnement”.
4. Facteurs liés au système de soins
Certains clusters peuvent aussi être apparents plutôt que réels, par exemple :
  • meilleure détection des cas dans certaines régions
  • présence d’un centre spécialisé qui attire les patients
  • différences dans les pratiques de diagnostic ou de codage des données.
5. Variations statistiques
Comme la maladie est rare, de petits nombres de cas peuvent parfois créer des agrégats apparents simplement dus au hasard ou à la variabilité statistique.
Publications de Santé Publique France

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