Communiqué : étude épidémiologique de Santé publique France sur les Maladies du Neurone Moteur

Santé Publique France vient de publier sa première étude épidémiologique sur les Maladies du Neurone Moteur. Santé Publique France a travaillé avec la Filière FILSLAN pour cette étude. Découvrez un résumé et des hypothèses d’interprétation proposées par le Pr Couratier sur ce rapport.
Ce rapport analyse la fréquence des maladies du motoneurone (MMN), dont la sclérose latérale amyotrophique (SLA) en France entre 2010 et 2021, ainsi que leur répartition géographique. L’objectif est d’estimer l’incidence, la mortalité et d’identifier d’éventuelles zones de sur-incidence.
Les chercheurs ont utilisé les données du Système national des données de santé (SNDS) pour identifier les nouveaux cas et les certificats de décès pour recenser les décès liés aux maladies du motoneurone. Les analyses portent sur l’ensemble de la population française (France hexagonale et DROM, sauf Mayotte). Les indicateurs étudiés sont l’incidence, la mortalité et leur distribution selon l’âge, le sexe et le territoire.
Entre 2010 et 2021, environ 26 981 nouveaux cas et 22 088 décès liés aux maladies du motoneurone ont été recensés, soit en moyenne 2 250 nouveaux cas et 1 840 décès par an. L’incidence moyenne est d’environ 3,39 cas pour 100 000 personnes-années et la mortalité 2,78 décès pour 100 000 personnes-années.
Le risque est plus élevé chez les hommes que chez les femmes et augmente fortement avec l’âge, avec un pic entre 70 et 79 ans. Les taux d’incidence et de mortalité sont restés globalement stables au cours de la période étudiée.
L’étude montre une répartition géographique hétérogène des cas en France. Certaines régions, comme la Bretagne, les Pays de la Loire ou l’Auvergne-Rhône-Alpes, présentent des taux d’incidence et de mortalité plus élevés que la moyenne nationale. À l’inverse, les taux sont plus faibles dans les territoires d’outre-mer.
Des analyses spatiales ont également identifié quelques zones locales de sur-incidence, suggérant l’influence possible de facteurs environnementaux, professionnels ou génétiques, même si aucune cause précise n’a pu être démontrée.
Le rapport fournit pour la première fois une analyse nationale détaillée et à échelle fine de la SLA et des autres maladies du motoneurone en France. Les résultats confirment la stabilité globale de la fréquence de la maladie, mais mettent en évidence des disparités territoriales. Ces données sont importantes pour orienter la recherche sur les facteurs de risque et améliorer l’organisation des soins pour les patients.
Retrouvez ci-après les hypothèses d’interprétation proposées par le Pr Couratier
- Pesticides (exposition agricole)
- Métaux lourds, notamment le plomb
- Pollution atmosphérique
- Formaldéhyde ou autres substances chimiques
- agriculture
- industrie chimique
- métiers avec exposition à solvants ou métaux
- prédisposition génétique
- exposition à certains facteurs environnementaux
- accumulation de ces facteurs au cours du temps
- meilleure détection des cas dans certaines régions
- présence d’un centre spécialisé qui attire les patients
- différences dans les pratiques de diagnostic ou de codage des données.