Un éditorial de la Mayo Clinic souligne l’apport de l’étude française FORSLA

Un éditorial publié dans Mayo Clinic Proceedings: Innovations, Quality & Outcomes revient sur le développement du tofersen et accorde une place importante aux résultats de l’étude française FORSLA, conduite au sein de la filière FILSLAN avec l’appui du réseau ACT4ALS-MND.
Intitulé From Vision to Validation: The Journey of Tofersen in SOD1-Associated Amyotrophic Lateral Sclerosis, cet éditorial présente le tofersen comme une étape majeure de la médecine de précision dans la SLA. Cet oligonucléotide antisens cible directement l’ARN messager de SOD1 afin de réduire la production de la protéine pathologique.
Les données françaises renforcent le signal d’efficacité
L’étude FORSLA a analysé les données de 46 patients traités par tofersen dans 19 centres experts français. Après 12 mois de traitement, la vitesse moyenne de diminution du score ALSFRS-R est passée de 0,53 à 0,22 point par mois. La concentration des neurofilaments plasmatiques a diminué d’environ 89 à 29 pg/mL.
Dans l’analyse comparant les patients traités à des témoins historiques appariés par score de propension, le tofersen était également associé à une amélioration de la survie, avec un risque de décès réduit d’environ deux tiers. Ce résultat reste néanmoins à interpréter avec prudence en raison du nombre limité de patients et des biais possibles liés à l’utilisation d’un groupe contrôle historique.
L’éditorial souligne que les observations françaises convergent avec celles issues d’autres programmes d’accès précoce et cohortes en vie réelle. Cette concordance renforce l’hypothèse selon laquelle la réduction durable des concentrations de SOD1 dans le LCR et des neurofilaments plasmatiques pourrait se traduire par un ralentissement de la progression clinique.
Une reconnaissance de la recherche collaborative française
Cette publication met en valeur la capacité des centres FILSLAN et du réseau ACT4ALS-MND à produire rapidement des données nationales sur l’efficacité et la sécurité d’un traitement innovant dans une maladie rare.
Les résultats de FORSLA ne remplacent pas les essais randomisés. Ils les complètent en documentant l’utilisation du tofersen dans la pratique courante, auprès de patients plus diversifiés et sur des durées d’observation plus longues.
Ils permettent également de mieux connaître les contraintes du traitement intrathécal et ses effets indésirables, notamment les réactions inflammatoires neurologiques, rares mais nécessitant une surveillance spécialisée.
Le tofersen, preuve de concept de la médecine de précision dans la SLA
Pour les auteurs de l’éditorial, le parcours du tofersen dépasse la seule SLA liée à SOD1. Il démontre qu’un traitement ciblant directement un mécanisme génétique peut modifier la biologie de la maladie et produire des signaux cliniques mesurables.
Plusieurs questions restent ouvertes : le moment optimal pour commencer le traitement, l’intérêt d’une intervention présymptomatique, les résultats à long terme, la gestion des complications inflammatoires et l’influence des différents variants de SOD1 sur la réponse thérapeutique.
FILSLAN et ACT4ALS-MND poursuivront le recueil et l’analyse des données françaises afin de mieux préciser le bénéfice clinique du tofersen, d’améliorer la sélection et le suivi des patients et de contribuer à l’évaluation des prochaines thérapies ciblées dans la SLA.
Références
Oskarsson B, Heckman MG. From Vision to Validation: The Journey of Tofersen in Superoxide Dismutase 1 Gene-Associated Amyotrophic Lateral Sclerosis. Mayo Clin Proc Innov Qual Outcomes. 2026;10(5):100755. doi:10.1016/j.mayocpiqo.2026.100755.
Erazo D, Hesters A, Bruneteau G, et al. Tofersen treatment in SOD1-ALS: real-world evidence from a retrospective multicenter study in France (FORSLA study). Mayo Clin Proc Innov Qual Outcomes. 2026;10(5):100739.